Pas assez de terrains disponibles !

Chez la majorité des promoteurs rencontrés, les ventes immobilières de ces derniers mois figurent parmi les plus fluctuantes depuis bien longtemps. Pour le groupe Édouard Denis, "le Prêt à taux zéro (PTZ) a permis plus facilement et à plus de personnes d'accéder à des biens à un prix avantageux". Un problème persiste cependant chez les prestataires : il n'y a pas assez de terrains disponibles dans la région ! Pour Sigla, le marché actuel est “tendu”. Le promoteur espère un rebond des autorisations de construction depuis la fin des élections municipales. Et pour cause : pour satisfaire la demande des habitants de leur commune, les maires promettent l’arrêt ou la réduction des nouveaux chantiers pendant leur campagne électorale. De son côté, Philippe Vanhoutte, conseiller commercial chez Carré Vert déplore le manque de foncier, affirmant que les emplacements dans la métropole sont devenus bien trop chers. En conséquence, les potentiels acquéreurs risquent de s’éloigner encore plus. “Les propriétaires dépensent parfois beaucoup plus dans l'achat d'un terrain que dans la construction même de leur maison. Comme ce couple ayant investi 300 000 euros pour le terrain et seulement 150 000 euros pour construire”, se souvient-il. Difficile donc pour le constructeur de satisfaire la volonté de ses clients avec un budget bien plus réduit que prévu !

De la nécessité de construire

Tandis que les promesses électorales des dernières municipales font office de cibles, le président de la FPI (Fédération des promoteurs immobiliers) Hauts-de-France, Jean-Michel Sede rappelle : “On a trop tendance à dire que c’est la faute du maire qui refuse tout projet. Ici, on considère que l’élu représente sa population, c’est le jeu de la démocratie, il doit être respecté”. Le président du Cecim Nord souhaiterait cependant que la création de nouveaux logements soit facilitée car “il y a une véritable nécessité à construire aujourd’hui”. Malgré les tensions au niveau des villes, “certains projets permettent de réhabiliter des friches sans passer par la bétonisation”, soutient-il. D’autant plus que ces nouveaux projets font désormais la part belle à la biodiversité en ville. “Lorsque nous réalisons nos opérations, nous prenons soin d’étudier tout ce qu’il y a autour afin de préserver le bien-être des riverains.” Pour ce faire, le promoteur travaille main dans la main avec les associations locales, lesquelles donnent des idées pour améliorer le cadre de vie des habitants (création de jardins partagés, composts collectifs...).

Tous prêts pour la RE2020 ?

Chez Maison Kléa, la marque du groupe Piraino, Anne-Sophie Labare, responsable d'agence, s'inquiète de la répercussion des coûts des matériaux que va engendrer la nouvelle réglementation environnementale, dite RE2020. La digne remplaçante de la RT2012 comprend un ensemble de nouvelles normes visant à réduire les émissions de CO2 produites par les bâtiments. Parmi celles-ci, l'obligation d'installer au moins une source d'énergie renouvelable dans tous les nouveaux logements figure comme l'une des plus onéreuses. À noter que le prix d'un panneaux photovoltaïque se situe en moyenne entre 9 000 euros et 12 000 euros. Aucune crainte pour Philippe Vanhoutte. Le constructeur assure être prêt, possédant même une longueur d'avance. “Chez Carré Vert, le bioclimat est une priorité. L'entreprise s'adapte depuis longtemps en proposant du haut de gamme responsable de l'environnement.” Selon Jean-Michel Sede, également directeur général chez Loger Habitat, “les entreprises souhaitent sincèrement faire mieux d'ici 2050 sur la question de l'environnement”. Et d’affirmer : “Il faut arriver à la neutralité carbone en 2050. Tout le monde doit s’y mettre, ce ne sera pas facile, mais nous avons participé à la charte bas carbone car nous sommes persuadés que c’est ce qu’il faut faire ! Les constructeurs et promoteurs sont prêts pour le changement !”