Si Icare s’est brûlé les ailes en s’approchant trop près du soleil, il n’y a pas d’audace inconsidérée que d’intégrer dansson projet immobilier de se chauffer, de s’éclairer, de faire griller son pain grâce au soleil. À l’heure de la lutte contre le réchauffement climatique, le solaire est une des énergies renouvelables des plus attirantes, même pour le neuf qui ne jouit pourtant ni d’une TVA réduite à 5,5%, ni de l’éco-prêt à taux zéro (réservés à la rénovation).

La faille du stockage

La technologie du photovoltaïque au service des particuliers est maintenant rodée et bien connue. Elle capte l’énergie du soleil (plus généralement la lumière du jour, même à travers les nuages), la transforme en électricité mais (et c’est le hic !) ne stocke pas encore de manière satisfaisante l’énergie produite pour la restituer en temps utile. En effet, stocker sur batterie s’avère nuisible à l’environnement (production, recyclage), coûteux et souffre de grosses pertes énergétiques. Avis aux doux rêveurs, l’autoconsommation photovoltaïque n’est assurément possible que "de jour", même en utilisant la domotique pour actionner ses volets, ses machines en tous genres, ses radiateurs électriques à inertie. Car, il faudra bien s’éclairer, se chauffer, vivre la nuit.
Afin de favoriser le développement du solaire, un mécanisme d’État s’enclenche alors pour encourager les installations photovoltaïques d’une puissance de production supérieure ou égale à 3 kilowatts crête (et inférieure à 9kWc).Le candidat qui y satisfait et s’intéresse aux chiffres se trouve alors face à un choix, soit : opter pour l’autoconsommation, revendre (à 0,10 euros le kWh) le surplus d’énergie qu’il a produit à un distributeur, puis acheter le complément d’électricité nécessaire au tarif commun d’environ 0,15 euros le kWh ; ou revendre toute sa production (à 0,18 € le kWh)* pour acheter les kWh utiles à sa consommation (à 0,15 euros). Soit une différence de 0,03 euros le kWh en sa faveur.
Afin de permettre le calcul de rentabilité du photovoltaïque, c’est une obligation d’achat de ces KWh produits par les particuliers qui s’impose à Enedis et aux entreprises locales de distribution d’électricité (sous conditions bien sûr). Le jeu en vaut ou non la chandelle, selon les cas. L’ADIL (Agence Départementale d’Information sur le Logement) qui aide à ficeler les projets, estime que l’autoconsommation s’avère rentable quand plus de 30% des besoins sont satisfaits de jour. Sachant, par ailleurs, qu’une prime à l’autoconsommation d’environ 1 000 € au total (pour une installation de 3kWc toujours) est versée en 5 ans par Enedis (gestionnaire du réseau), aux candidats.
L’option revente totale de la production semble, elle, d’emblée séduisante avec ses 0,03 euros de différence entre la revente et l’achat de kWh. Une aide financière accordée, avec un prix de rachat du kWh fixe pendant 20 ans à compter de la demande de raccordement. Une impression de sécurité qui n’est pourtant pas forcément en faveur de l’investisseur... si le prix du kWh venait à flamber dans le futur ! Dans cette hypothèse, le choix de l’autoconsommation photovoltaïque serait alors gagnant, car même si le prix de rachat du surplus est lui aussi fixé pour 20 ans, la consommation de jour reste indépendante. Les paris financiers sont à prendre mais, sur un plan technique, ce n’est qu’une illusion. Autoconsommation ou revente totale, on consomme toujours l’électricité la plus proche de chez soi... celle de ses propres panneaux.
Une famille consomme en moyenne 5 000 kWh par an en France (tous usages confondus). Elle investit 8 000 € dans une installation photovoltaïque d’une puissance de 3 kW crête (la plus soutenue par la réglementation) et utilise 20 m2 de toiture pour poser ses panneaux (dont la durée de vie est d’environ 25 ans). La production annuelle attendue à Lille est de 3 000 kWh (4 800 kWh à Nice). Si l’autoconsommation est de 25% (en journée), l’investissement est remboursé en 20 ans. 17 ans suffisent, si la consommation monte à 50% en journée (domotique par exemple). En cas de revente totale de la production, le remboursement est atteint en 14 ans, générant ensuite 520 € de gain par an. Le bénéfice en 20 ans s’élève à 3 500 €. Pour évaluer votre projet : échangez avec un conseiller Info-Energie de l’ADIL (au 03 59 61 15 08) ou rendez- vous sur evaluer-mon-devis.photovoltaique.info.

Pensez Smart Grid !

La solution envisagée pour le futur sera composée de plein de petits producteurs qui produiront pour le besoin de tous, à côté de gros professionnels, et un réseau électrique intelligent qui switchera entre les énergies renouvelables disponibles (solaire, éolienne, géothermique...) en fonction de la demande et des besoins, appliquant une gestion en temps réel.