Voilà plusieurs années que l’ancienne reine du textile voit ses coutures se métamorphoser. Partout dans la ville, les grues s’activent, les palissades et échafaudages se multiplient, les engins de chantier sont de sortie. De nombreux quartiers se sont restructurés ou sont en cours de restructuration comme celui de la gare et ses abords ou encore celui de la Bourgogne, tandis que d’autres ont vu le jour comme l’éco-quartier de l’Union juxtaposé à Roubaix et Wattrelos. Toutes ces transformations propulsent ainsi Tourcoing dans une dynamique urbaine évidente. Après avoir opéré une première reconquête de son centre-ville, Tourcoing poursuit son développement avec le Quadrilatère des Piscines : un quartier qui alliera logements, services et commerces. S’étendant de la rue Nationale à la rue du Bus et de la rue du Haze à la rue Gabriel Péri, ce projet de réaménagement ambitieux vise à revitaliser le centre-ville en créant un futur lieu de vie avec une empreinte singulière forte placée sous le signe de Mère Nature.

Revitaliser le centre-ville

À l’instar de nombreuses communes en France, le centre-ville de Tourcoing vit au rythme des consommateurs et des travailleurs. "Jusqu'alors, c'était le quartier le moins dense en habitants. L’idée est de le rendre attrayant en le transformant en pôle attractif de la vie tourquennoise, avec à la fois des logements, des services, des équipements... et d’en faire un vrai quartier à vivre d’ici 2026”, souligne Isabelle Fèvre, responsable de projets urbains chez la SEM Ville Renouvelée, aménageur du Quadrilatère des Piscines. L’objectif : redonner envie aux familles d’habiter en cœur de ville et de réinvestir cet espace de vie. “Notre baseline, c’est de rendre possible de nouveaux instants de ville. L’ambition est politique, celle de vouloir ramener la ville dans son propre centre- ville.”
Ce futur quartier, en lieu et place d’une ancienne friche industrielle, prendra place au cœur de nombreux équipements déjà existants. “Le potentiel était là, sous nos yeux, mais pas d’une façon optimisée. En renouvelant la ville sur elle-même, le Quadrilatère des Piscines a pour vocation de compléter l’existant et d’en faire un quartier de centralité et de mixité au regard de sa localisation en plein cœur de ville, à proximité des transports en commun.” Dans le détail, se conjugueront : près de 300 logements, 1 800 m² de commerces, 3 000 m² de bureaux, des SOHO [NDLR : Small Office, Home Office], des équipements publics, un groupe scolaire de 17 classes, une salle polyvalente accueillant la maison des associations, un centre multi-accueil dédié à la petite enfance, comportant plusieurs structures comme un relais d’assistante maternelle ou encore une crèche.

Reconquérir par le végétal

Conséquence directe des épisodes de confinement, le besoin de renforcer la nature en ville est criant. Pour le bien-être, la santé et le lien social, la présence du végétal est devenue essentielle. Mais, dans une ville toujours plus dense, il n’est pas toujours aisé d’accorder une vraie place à la nature. Force est de constater que du côté des urbanistes, architectes, promoteurs et constructeurs, la prise de conscience est collective. Comme en témoignent les nouvelles opérations de réaménagements urbains sur la métropole lilloise. Offrir un cadre de vie rêvé, sans trop bétonner la ville, c’est le parti pris de la SEM Ville Renouvelée.
À travers le projet du Quadrilatère des Piscines, l’aménageur souhaite répondre d’une part, aux besoins des habitants, et d’autre part, redonner à la nature toute sa place et toute sa connexion, visant à créer une nouvelle biodiversité. Des espaces publics revalorisés et verdoyants, une promenade piétonne traversant le quartier, des parvis et des façades végétalisées, des jardins partagés composeront également ce nouveau quartier. “La promenade des Justes, colonne vertébrale du projet, a été imaginée pour aérer le tissu urbain et créer une respiration, dans un quartier qui se voudra pourtant animé”, indique Isabelle Fèvre.
Ainsi, un vrai travail sur les rez-de-chaussée a été minutieusement réalisé pour qu’ils ne soient dédiés qu’aux équipements, commerces, services et espaces ouverts sur le centre-ville. “Nous souhaitions créer également un chemin sécurisé pour que les enfants puissent traverser le quartier en se rendant de leur domicile à l’école, sans aucun danger”, poursuit-elle. Ici, la végétalisation a été poussée au maximum. Ou “végéta-liaison”, comme le souligne la responsable du projet : “c’est cette idée de créer des continuités à la fois au sol mais aussi à la verticale en végétalisant les façades des bâtiments”.

Mixité, convivialité et nature à l'honneur

Parmi les programmes inhérents au futur quartier, c’est celui du groupe scolaire Charles de Gaulle qui a déjà été livré. Inauguré en 2019, après 13 mois de travaux, le projet fait la part belle à la nature : un ruban végétal continu et des carrés potagers ont été installés pour sensibiliser les enfants à la préservation de la biodiversité. Dans ce contexte environnemental fort, le bâti bénéficie du label “Passiv’hauss”, à très faible consommation d'énergie, permettant de réaliser des économies d’énergie jusqu’à 90%. Autres projets, celui du programme Starter – porté par CDC Habitat et dont la livraison est prévue fin 2021 – qui combinera un espace de coworking en rez-de-chaussée et 55 logements, dont 18 appartements de type 2 et 3 en location-accession gérés par le bailleur 3F Notre Logis.
Livrée fin 2022, l’opération Pool House – en co-promotion par Eiffage Immobilier et Nhood (ex-Ceetrus) – comprendra 52 logements en accession allant du T2 au T5, évoluant dans une tour végétale, ainsi que 2 177 m² de bureaux et 1 411 m² de commerces. Enfin, c’est le duo de promotion Groupe Duval et Loger Habitat qui a été désigné lauréat de l’appel à projets des derniers lots (7a et 7b) du Quadrilatère des Piscines. Située rue du Haze et baptisée Flow, la résidence se composera d’appartements du 2 au 4 pièces, disposant de balcons, terrasses ou loggias. Les futurs résidents jouiront d’une situation idéale, à proximité immédiate de l’arrêt du métro Colbert, et proches de toutes les commodités du centre dans un rayon de seulement quatre minutes à pied.
Ces logements, qui verront le jour en 2023, s'intégreront dans une démarche de Smart City. Ces derniers seront connectés et bénéficieront de services domotiques. Aussi, conformément au cahier des charges, le bâti comportera un coefficient de biotope de 0,5% (c’est-à-dire la proportion des surfaces favorables à la biodiversité). “Dans cette équation de densification et de bien-être pour les habitants, il était nécessaire de retrouver du plaisir à vivre en douceur en ville, en conciliant cadre dynamique et respiration”, insiste Isabelle Fèvre.