Tantôt verte et durable, tantôt intelligente et dense... Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire ce à quoi pourrait ressembler la ville de demain. L’urbanisation massive nous invite à nous questionner sans cesse jusqu’à pousser architectes, urbanistes et tous les acteurs de l’immobilier dans leurs retranchements lorsqu’ils conçoivent un projet. Tous – ou presque – s’accordent à dire qu’il faut densifier la ville, notamment pour répondre aux besoins de logements qui ne cessent de croître dans les métropoles. C’est l’un des premiers leviers pour répondre à l’objectif Zéro artificialisation nette (ZAN) d’ici 2050, fixé par la loi climat et résilience, publiée au JO (Journal officiel) le 24 août 2021. Le texte, qui compte plus de 300 articles, marque un “tournant pour une société pleinement engagée dans la lutte contre le dérèglement climatique et la surconsommation de ressources”, souligne le ministère de la Transition écologique.

RALENTIR LA BÉTONISATION DES TERRES

“Tous les 10 ans, l’équivalent d’un département de la taille des Yvelines disparaît sous le béton. L’artificialisation accélère la perte de biodiversité, amplifie les risques d’inondations, renforce la dépendance à la voiture individuelle”, constate l’exécutif. À travers l’objectif ZAN, le gouvernement entend freiner la bétonisation des terres partout où cela est possible, en divisant par deux d’ici 2030 le rythme d’artificialisation des sols. Ce qui implique une profonde mutation des politiques d’urbanisme pour allervers plus de sobriété dans la gestion de l’espace. Une mesure qui sera appliquée par l’ensemble des collectivités territoriales. Est également posé un principe général d’interdiction de création de nouvelles surfaces commerciales entraînant une artificialisation des sols, sans démontrer leur nécessité selon une série de critères précis et contraignants. En France, environ 30 000 hectares de nature disparaissent chaque année. Par heure, l’équivalent de quatre à cinq terrains de foot sont consommés. Nos surfaces artificialiséessont aujourd’hui plus élevées que celles de nos voisins européens, et surtout plus rapides que la croissance de la population. À titre d’exemple, en 2015, 46 millions de mètres carrés de surface de plancher – soit 4 600 hectares – ont entraîné l’artificialisation de 20 000 hectares de parcelles cadastrales, peut-on lire dans le rapport de France Stratégie visant à définir des leviers pour protéger les sols. Un sujet très sensible, à l’heure où la crise sanitaire a déjà largement impactée la production de logements.