Quand le bâtiment va, tout va, a-t-on coutume de dire. À l'heure où de nombreux secteurs d'activité sont touchés par la crise économique, l'immobilier va-t-il retrouver des couleurs ? Même s'il est difficile d'avoir du recul quelques jours seulement après le déconfinement, force est de constater que la demande est (encore) là. « Alors que tout était à l'arrêt depuis le 17 mars, dès l'annonce par Édouard Philippe de la fin du confinement le 11 mai, les téléphones ont recommencé à sonner », confirme Emmanuel Chambat, président de la FNAIM Nord (Fédération Nationale des Agents Immobiliers). « En revanche, désormais, près de 95% des clients souhaitent se renseigner à distance et nous recevons énormément de demandes par email. » Afin de répondre aux nouvelles contraintes post-confinement, les professionnels ont dû faire preuve d'agilité et s'adapter en développant, par exemple, les visites virtuelles. La FNAIM a également mis en place un protocole sanitaire pour les visites « physique » : port de masques, nettoyage des mains systématique avec du gel hydroalcoolique, distanciation sociale à l'intérieur du bien, etc.

DES BANQUES PLUS FRILEUSES

« La demande est là et les financements restent très attractifs. » Si le président de la FNAIM Nord est plutôt optimiste concernant la reprise, de son côté David Delesalle, gérant du cabinet Logifinances, est plus nuancé. « Début 2020, le HCSF (Haut Conseil de stabilité financière) a émis une note demandant aux banques de limiter le taux d'endettement des ménages à 33%. Une recommandation prise au pied de la lettre par les établissements financiers qui, au vu de la crise, vont être de plus en plus vigilants dans l'octroi des prêts. Il est urgent que le HCSF revoie sa copie en tenant compte non seulement du taux d'endettement mais aussi du reste à vivre pour dépasser si nécessaire les 33%. Sinon, cela risque de fortement impacter l'investissement locatif. » Le courtier craint également que les banques soient moins enclines à prêter aux personnes travaillant dans des secteurs fortement touchés par la crise : tourisme, hôtellerie, restauration, événementiel, etc. De quoi assombrir les perspectives.