La planète comptera près de 10 milliards d’habitants à l’horizon 2050, selon un rapport de l’ONU. Un accroissement de la population mondiale qui impliquera de grands défis à la fois économiques, écologiques et sanitaires, auxquels les politiques tentent d’ores et déjà de répondre. Autre phénomène à observer : celui de la migration de la population des campagnes vers les villes, concentrant une grande majorité en zone urbaine. Face à ces enjeux, il devient impératif de repenser nos modèles actuels si l’on souhaite un avenir vivable. Pour nourrir les habitants de manière durable et respectueuse de l’environnement, l’agriculture urbaine semble être une piste à exploiter et à maîtriser. De la végétalisation des bâtiments aux potagers partagés et fermes urbaines, la ville minérale se transforme sur elle-même, laissant place au végétal.

L'agriculture urbaine, késako ?

Qu’il s’agisse d’élevages, jardins collectifs, potagers partagés, serres sur les toits d’immeubles ou encore de micro-fermes verticales, l’agriculture urbaine se développe sous de multiples formes pour produire localement des fruits et légumes, des plantes aromatiques et autres aliments sains. Elle permet, en outre, de favoriser les circuits courts, réduire les émissions de gaz à effet de serre, tout en créant des emplois locaux. Souvent à l’initiative des citadins désireux de se reconnecter à la nature, l’agriculture urbaine s’inscrit désormais dans les orientations stratégiques des collectivités avec un double objectif : celui de répondre aux besoins des habitants et densifier les villes afin de préserver les terres agricoles. Il existe aujourd’hui de nombreux appels à projets pour soutenir les initiatives d’agriculture urbaine.

Bientôt dans tous nos quartiers ?

De nombreuses initiatives publiques, privées ou associatives se multiplient à travers tout l’Hexagone. En décembre 2020, la MEL (Métropole Européenne de Lille) a notamment été choisie comme lauréate de l’appel à projets " Les Quartiers Fertiles " portés par l’ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine). L’objectif : encourager les territoires porteurs de projets dans le cadre du NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain.) Au total, 8 millions d’euros seront alloués par l’ANRU pour les 27 lauréats. La candidature métropolitaine concerne les communes de Lille, Hem, Loos, Mons-en-Barœul et Tourcoing. Il s’agit, entre autres, d’encourager l’accès à des produits agricoles et alimentaires de qualité, renforcer le commerce de proximité, développer des activités de vente en circuit-court et enfin d’inciter l’auto- consommation collective via l’implantation de jardins et potagers partagés.

Encourager l'échange et le partage

Dans ce paradigme, certains promoteurs, séduits par la tendance, ont compris la nécessité de développer des démonstrateurs au cœur de leurs opérations afin d’apporter des réponses concrètes. À la croisée de Croix et de Villeneuve-d’Ascq, le site de La Maillerie qui accueillera par ailleurs le programme L’Étoffe, développé en co-promotion avec Linkcity, Nacarat et Nodi (qu’on ne vous présente plus) se positionne comme un quartier novateur. Pensé comme un lieu de vie générateur de lien social, celui-ci proposera une nouvelle façon d’habiter la ville, faisant la part belle à la biodiversité et à l’agriculture urbaine : une ferme de 5 000 m², des jardins partagés et des ateliers pédagogiques feront le bonheur des habitants. L’objectif : " transformer cet ancien site logistique des 3 Suisses en un quartier répondant aux ambitions affirmées, vivant, verdoyant, accueillant où chacun peut s’exprimer et participer à la création de son environnement ".
À la Madeleine, la résidence Sensorium, signée Sogeprom-Projectim, en co- promotion avec Bouygues Immobilier, invite, elle aussi, la nature en ville. Au cœur d’un site arboré, en communion avec son environnement, ce programme comportera une toiture maraîchère et des bacs de cultures partagés, offrant à ses occupants un nouvel art de vivre. À travers son architecture, sa végétation et son ambition environnementale, Sensorium ravivera tous les sens.
Avec son programme Les terrasses d’Éloa, situé au sud-est de la banlieue lilloise à Ronchin, le groupe Sofim souhaite encourager le partage et les rencontres entre les résidents. Des espaces de vie collectifs, des services entre voisins et un jardin potager commun rythmeront le quotidien des habitants. Engagé dans une démarche vertueuse, de son côté, le groupe Nexity veille à réintroduire la nature en ville sur l’ensemble de ses opérations (jardins partagés, végétalisation du bâti, installation de ruches dès la phase de chantier).
À l’image du secteur résidentiel, l’immobilier tertiaire se met peu à peu au vert. Pour les acteurs des bureaux, les dispositifs d’agriculture urbaine représentent un moyen de rentabiliser le foncier non utilisé, créer la cohésion entre les collaborateurs, les sensibiliser au développement durable et ainsi valoriser l’image des entreprises. En témoigne le projet ShAKe à Euralille. Développé par Nacarat et PCA-STREAM, ce programme est un véritable écosystème à lui seul basé sur l’usage et les services du quotidien. Une nouvelle façon de révolutionner l’immobilier d’entreprise grâce à une démarche environnementale forte, des équipements innovants et performants, des jardins urbains où un incubateur d’agriculture sera développé en partenariat avec des associations. Si de nombreux projets immobiliers, comme nous venons de le démontrer de manière non exhaustive, intègrent désormais ces nouvelles composantes agricoles, nous sommes en revanche encore loin de généraliser l’approche.